Notre école, depuis 130 ans, forme des architectes déjà en exercice à la conservation et la restauration du patrimoine bâti, de manière vraiment pluridisciplinaire. En plus de connaissances techniques pointues (structures et matériaux, techniques de consolidation, restauration, volet juridique...), nos étudiants sont mis en situation dans des lieux qui sont la plupart du temps des édifices vacants suite aux évolutions sociales (démilitarisation, désindustrialisation, baisse de la pratique religieuse ou du nombre de châtelains,...). Dans ces sites patrimoniaux, ils apprennent à travailler avec l’existant pour réveiller les potentiels dormants.
On a ainsi placé 8 « Chaillotins » dans des sites Réinventer le patrimoine, parfaitement représentatifs par leur taille, leur complexité et leur diversité (châteaux, patrimoine militaire, industriel et religieux). Leur intervention experte est un des outils de l’expérimentation, indispensable à mes yeux car l’architecte du patrimoine est la pierre angulaire entre le projet et le bâti. Il participe à l’évaluation patrimoniale, historique, paysagère et archéologique du site qui est un préalable à la définition du projet.
Je trouve par ailleurs particulièrement riche d’hybrider les compétences des Chaillotins avec celles des acteurs de l’urbanisme transitoire en charge de l’activation de certains lieux. Cela augmente encore l’esprit transdisciplinaire, qui seul peut faire émerger des projets de reconversion valides.